Dazibao
Un hommage

3

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

14 avril 2007

CONCERT DONNÉ EN HOMMAGE AUX ARTISTES ESPAGNOLS DE LA RÉPUBLIQUE
"MUSIQUE ET POESIE"

     
 

Thème :
Il s'agit de faire revivre - à travers un concert - cette génération perdue, dite "génération de la République", de ces musiciens et poètes espagnols, qui ont souffert, dans leur développement artistique personnel, des circonstances tragiques qui suivirent la rébellion militaire de juillet 1936.

 

     
         

 

 

 

avec la participation et/ou le soutien de :

     
l'Office Culturel de l'Ambassade d'Espagne      

l'Association Hispania

 

     
La Maison de Catalogne        
Disques Mandala      
       

LES INTERPRETES

     
  Rafael Andia, guitare http://www.rafaelandia.com/
Evelyne Boix-Moles, poésie
Oscar Cáceres, guitare
Tania Chagnot, guitare http://www.tania-chagnot.com/
France Clidat, piano http://www.franceclidat.com/
Carlos Marin, guitare
Antonio Maya, guitare flamenca
J-Francisco Ortiz, guitare
Claire Sananikone, guitare
Marie-Thérèse Grisenti, violoncelle
       
 








Rafael Andia      
  Claire Sananikone      
  France CLIDAT      
  Carlos Marin      
       

PROGRAMME

     


SALVADOR BACARISSE (1898-1963)
Compositeur et responsable musical à Madrid, animateur d'un "Groupe des 8" à l'imitation du "Groupe des Six" français, avant son exil définitif en France en 1939.

BALLADE pour guitare par Carlos Marín

     


ANTONIO JOSÉ (1902-1936)
Ce musicien très doué fut fusillé en octobre 1936 par la Phalange à Burgos. Ravel avait dit de lui : "...le grand musicien espagnol qu'attend notre siècle ..."

PAVANA pour guitare par Carlos Marín

     



LUIS CERNUDA (1902-1963)
Le poète dut fuir son pays en 1938. Il fit partie de cette génération d'écrivains exilés que l'on appela "la génération sans lecteur".

"1936" POEME par Evelyne Boix-Moles

     


PABLO CASALS (1876-1973)
Le grand Catalan, non seulement refusa toute proposition de retourner en Espagne, à l'instar d'un Picasso, mais renonça également à jouer du violoncelle pour marquer sa désapprobation du laxisme de la communauté internationale envers le nouveau régime espagnol.


EL CANT DES OCELLS pour violoncelle par Marie-Thérèse Grisenti

     

SABICAS (1912-1990)
Le plus célèbre guitariste flamenco de sa génération, exilé en 1937, resta à New York pendant 30 ans avant de revenir en Espagne.


FARRUCA"DELICADA" et SIGUIRIYA GITANA pour guitare flamenca par AntonioMaya

     

PABLO NERUDA (1904-1973)
Le poète chilien, ami de Garcia Lorca fut aussi un soutien actif et inconditionnel des Républicains espagnols.


"Plein Octobre" POEME par Evelyne Boix-Moles

     

RAFAEL ANDIA


INMEMORIAl "sobre temas revolucionarios"  pour deux guitares égales par Claire Sananikone et l'auteur
Œuvre écrite en utilisant des thèmes musicaux de la Guerre Civile de 1936-1939.


Videos Part 1 & Part 2

       
 

EDUARDO SAINZ DE LA MAZA (1903-1982)
Proche de la République contrairement à son frère Regino, il fut l'un des rares qui ne fut pas contraint à l'exil.


SOÑANDO CAMINOS pour guitare par Oscar Cáceres

     

MANUEL DE FALLA (1876-1946)
Ami de Garcia Lorca, il quitta l'Espagne en 1939 et refusa toute proposition de retour de la part du gouvernement victorieux.


HOMMAGE pour le Tombeau de Debussy par Oscar Cáceres

 

 

 

 

     

FEDERICO GARCIA LORCA (1899-1936)
Le "poète assassiné" par la Guardia Civil réalisa un accompagnement pour le piano de chansons anciennes qu'il rendit populaires dans le monde entier. Elles ont été reprises dans de nombreuses versions.


CANCIONERO pour guitare seule de et par J-Francisco Ortiz

Audio :
anda jaleo des "Canciones Antiguas Flamencas" pour deux guitares de Rafael Andia


     

ROBERTO GERHARD (1896-1970)
Élève de Granados et de Schönberg, résolument moderniste, ce compositeur très admiré fit partie du "Groupe des compositeurs Catalans indépendants" avant son exil définitif à Londres en 1939.


FANTASIA pour guitare seule par Claire Sananikone

     
 

EDUARDO SAINZ DE LA MAZA


HABANERA pour guitare par Tania Chagnot

 

 

       

MANUEL DE FALLA


ARAGONAISE, ANDALUZA ET DANSE RITUELLE DU FEU pour piano par France Clidat

 


       
 

FEDERICO GARCIA LORCA


POEMES par Evelyne Boix-Moles

     
       

14 avril 2007-14 avril 1931
 
Commémorer la République espagnole et ses idéaux ? La Guerre Civile et ses victimes? Ses déportés et maquisards, ses résistants? Rappeler les 36 ans de la dictature qui suivirent? Écouter et donner à écouter les sonores silences et les voix des artistes d'alors ?
 
Vivre, partager une mémoire c'est à dire un présent.

MUSIQUE ET POESIE veulent rendre un hommage attentif, reconnaissant, un hommage d'allégeance à ces femmes, à ces hommes pour qui " liberté", " justice" furent si peu paroles creuses qu'ils marchèrent vers l'exil, qu'ils risquèrent leur vie  - et la perdirent souvent - par choix de ce pain, de cette lumière dont nous sommes avides.
 
«Poésie nécessaire / Comme le pain de chaque jour »… disait le poète Gabriel Celaya.
 
Ce pain, cette poésie  - la construction d'une dizaine de milliers d'écoles en témoignent - la république espagnole tenta, de 1931 à 1936, de les inscrire dans le quotidien ; mais le putsch militaire de juillet mettait fin à cette étape de l'histoire d'Espagne ; et débuta, avec la Guerre Civile, puis avec la dictature de Franco, la série rouge des 380 000 à 451 000 morts qui s'ensuivirent.
 

Lorca ! Ton nom, ta poésie, ne moururent pas sous les balles du peloton : ton nom, ta poésie continuent à clamer en silence le demi-million de morts de cette lutte fratricide.
Miguel Hernandez ! Ton engagement, ta poésie ne moururent pas dans le froid de la geôle : ton engagement, ta poésie tremblent toujours dans les vertiges de la famine.
 
«¡No pasarán !» : le cri de résistance résonnait et résonne encore. Mais ce fut un autre demi-million d'Espagnols qui durent passer la frontière, quitter le pays.
Les « ¡No pasarán ! » d'alors paraissent aujourd'hui dérisoires. Ne sont-ils pas plus nécessaires, plus exigeants que jamais? "Caminante, no hay camino / se hace camino al andar" (Passant, il n'y a pas de chemin / C'est en marchant que l'on fait son chemin) avait dit le poète Antonio Machado qui mourra à Collioure peu de temps après avoir fui l'Espagne en 1939.
 
Oui, sans doute sommes-nous  - tous et chacun - voués à l'exil. Pour exprimer cet exil, un seul vers suffit à Vicente Aleixandre qui, justement, malgré ses idées de gauche, ne quitta pas l'Espagne après la Guerre Civile : "Nous sommes un éclair entre deux obscurités"… Certes. Et, sans doute, dans les quelques milliers de langues qui existent sur cette planète, en est-il une où "exil" et "homme" sont synonymes !
Quand à cet exil-là s'ajoute celui de l'histoire politique, la partition devra se jouer sans que l'exilé en connaisse forcément la clé. Un exil à la puissance 2 ?
Et pour le créateur qui, dans son propre pays, sait, jusqu'à la transformer en art, l'expérience de l'exil, qu'en est-il ? Plus d'aisance? Plus de malaise ?
"Ce qui m'intéresse, c'est d'être un homme " dira Albert Camus qui en connaissait long sur l'exil   - et qui soutint la cause des Républicains espagnols. Mais être un homme, dans ce cas, c'est aussi ne pas abdiquer par rapport aux exigences de l'art ; et l'exil, tout le moins au départ, desservira ces exigences par la disparition du terreau culturel habituel (respiration du quotidien, institutions, réseaux, milieu artistique…).
Cette Génération des Artistes de la République fut parfois considérée comme une génération perdue. Pour les écrivains, on parla même de "Génération sans lecteurs »…


Cernuda… En France, en Angleterre, aux Etats-Unis.., c'est en espagnol qu'il poursuivit l'accomplissement de son œuvre poétique. Le flux, les sonorités de la langue qu'il servait et qui le servait, il ne les retrouva qu'à la fin de sa vie… au Mexique !

Sabicas… Imagine-t-on ce que l'exil signifia pour le guitariste, star du flamenco des années 60-70 ? Comment, vécut-il la distance dans un New York aux antipodes de son feu d'origine ?

Manuel de Falla, Salvador Bacarisse, Roberto Gerhard … Comment avez-vous fait pour poursuivre sans plus jamais ouïr (sinon dans la mémoire du corps  - où entendre devient aimer-) ces rues, ces rythmes du quotidien et des siècles, cette musique des cris et des rumeurs ?

Et Antonio José?…


Maurice Ravel avait dit de toi "Le grand musicien espagnol qu'attend notre siècle…"
Inexistante à jamais ton œuvre.

Fusillés, tes 34 ans.



Guitares, guitares, vous que Pablo Picasso peint parce qu'il ne vous entend plus!


Les commotions comme celles de la Guerre Civile espagnole ne s'arrêtent pas, bien sûr, aux dates indiquées par les livres d'histoire…
On a dit du "Guernica" de Picasso, que c'était un des tableaux les plus bruyants qui soient. (Pourtant les siècles nous ont légué bien des images et chefs-d'oeuvre en ce qui concerne batailles, guerres…). Le peintre, établi à Paris depuis 1904, s'indigne du carnage et en fait le symbole d'une ère nouvelle où «l’homme est dépossédé de l’expérience par la catastrophe»*, une ère où vont bientôt surgir Hiroshima et Nagasaki…

D'autres destructions, cependant, d'autres luttes se livrent dans le silence des profondeurs : d'autres conflits qui, toujours, ne débouchent pas sur la vie. Claude Esteban qui avait un an, au début de la Guerre Civile, fut élevé, en France, en milieu bilingue. Dans un essai "Le partage des mots" au style plus transparent que le cristal, l'écrivain descend aux abysses de l'introspection pour expliquer la déchirure que fut pour lui d'avoir à choisir entre deux langues : la possession de l'espagnol et du français, richesse lorsqu'il s'agit simplement de communiquer, fut, pour le poète, un exil traumatisant, un drame. Nous savons, nous, lecteurs, que Claude Esteban sortit de ce drame par la porte de vie puisqu'il nous est donné de lire, par-delà la mort de l'écrivain, cette œuvre si subtile, ce témoignage de haute humanité (finalement écrite  - semble-t-il -  en français). Et nous songeons encore et encore à tous ceux pour qui la porte de vie ne s'ouvrit pas…; et nous comprenons tous ceux qui, comme Pablo Casals, firent de leur art, de leur vie, un engagement, un cheminement au service de la démocratie.(*)
 
“La poésie est une arme chargée de futur”, trancha Gabriel Celaya dans un texte que la voix généreuse de Paco Ibañez* – un autre enfant de la République – diffusa dans des milieux où, peut-être, les poèmes ne seraient jamais parvenus… Tout comme Federico Garcia Lorca, avec sa troupe ambulante “La Barraca”, porta les œuvres classiques du théâtre espagnol au devant des villageois, Paco Ibañez, choisit, dans le siècle d’Or espagnol des joyaux qu’il distribua à tous : Góngora, Quevedo brillèrent à nouveau de tous leur feux. Et, avec eux, Paco Ibañez chanta la lumière des poèmes de la République : Blas de Otero, Rafael Alberti, Miguel Hernandez, Luís Cernuda… Textes affirmant les valeurs humanistes, poèmes-cris ou … ciselures jusqu’à la beauté à vivre, à partager.


Pablo Casals, lui aussi convaincu du lien organique qui existe entre culture et démocratie, fit une arme de son violoncelle ; au cours de sa longue vie, le musicien, avec une foi inébranlable dans l’art et dans les valeurs qu’il peut transmettre, essaya de favoriser l’accès à la musique pour le plus grand nombre : il créera divers orchestres et associations de concerts, il jouera, lors de la Guerre Civile, dans des conditions mouvementées. Quant à ses enregistrements, ils seront toujours habités par cette énergie, par cet enthousiasme  – hors frontière –  de la vie qui croit, qui croît en la vie.
 
En admirant les œuvres d'art, nous nous émouvons de la justesse du discours de Miguel de Unamuno, philosophe et recteur de l'université de Salamanque ; discours qui répondait  en ces termes au "¡Viva la Muerte !" du Général  Milán Astray, fondateur de la Légion Étrangère :

"Vous vaincrez parce que vous possédez plus de force brutale qu'il n'en faut. Mais vous ne convaincrez pas".
 
       Vie !
Combien de mots, de silences agissent…
Combien de choix restent invisibles…
Combien de soldats des Brigades Internationales moururent au côté des Républicains pour un idéal qu'ils estimèrent digne…
Combien de réfugiés espagnols s'engagèrent, par la suite, dans la résistance contre l'invasion allemande…
Combien d'exilés à peine alphabétisés virent leurs enfants prendre le chemin de l'école…
Combien de mains tendirent le geste qui plus jamais ne s'éteignit.
Combien de peintres, musiciens, écrivains, sculpteurs, cinéastes, surent, envers et contre tout, répondre aux exigences de l'art et partager, avec tous et chacun, ces contrées qui élargissent notre perception, qui pulvérisent les frontières de l'espace, du temps, qui exilent l'exil et font naître le sourire, l'accueil...
 
"À l'expropriation de l'expérience, [l'art] répond en faisant de cette expropriation une raison de survivre."*

Refuser avec Manuel de Falla, élargir avec Pablo Casals, être libres avec Joan Miro, construire avec Luis Buñuel, persévérer avec Salvador Espriu, vivre avec Gabriel Celaya, créer avec tous et chacun, répéter :
 
"Poésie nécessaire / Comme le pain de chaque jour…"
 

Texte de Evelyne BOIX-MOLES

       

 

 

 

 


 

 

 




 

 

 

 




 



 

 



 



 

 




aperçu biographique
profil

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Né en France de parents éxilés républicains espagnols, Rafael ANDIA étudie d’abord le violon. A dix-huit ans, après une crise identitaire qui le conduit à prendre conscience de sa propre tradition musicale familiale, il décide de consacrer sa vie à la guitare. Le flamenco qu’il pratique alors pendant plusieurs années cède la place ensuite à la guitare classique, mais sa vision de celle-ci reste durablement sous cette première influence.

Par exemple, sa quête de l’hispanité dans la musique classique du passé le conduit tout d’abord à développer en pionnier la guitare baroque espagnole, fortement imprégnée de danses populaires. Il enregistre ensuite plusieurs disques sur instruments anciens dans les années 80 qui, comme l’intégrale de Robert de Visée, sont, aujourd’hui encore, d’anthologie.

Parallèlement, quand il suscite un mouvement en faveur de la guitare moderne auprès des compositeurs d’avant-garde qui l’entourent, c’est encore la recherche de ce qui est pour lui la “vraie” guitare qui oriente ses pas. Il édite et enregistre alors en première discographique la fine fleur des musiciens français : Jolivet, Ballif, Murail... Cette “nouvelle virtuosité”, de près ou de loin, participe finalement du même concept d’une guitare "autre”, largement adossée à des techniques non-classiques.

Depuis quelques années, Rafael ANDIA s’intéresse également à l’écriture, et, fidèle à ses origines, à cette zone encore peu explorée, à mi-chemin entre la tradition guitaristique flamenca  et la musique savante, espagnole ou non. Ses compositions sont réunies dans un CD sorti en 2013 sous la marque Solstice. Dans la perspective d’accueillir toutes les composantes de ce mouvement, il fonde la collection éditoriale Guitarra Ibérica (Éditions Musicales Transatlantiques, Paris).

Son CD consacré à Albéniz, a été salué par la critique comme "...un disque hors du commun, l'un des plus éminents disques de guitare de ces vingt dernières années".

Rafael ANDIA est, depuis 1971, professeur de guitare classique et baroque dans la célèbre et prestigieuse Ecole Normale de Musique de Paris.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

Rafael ANDIA , personnalité paradoxale, ne déteste pas être à contre-courant. Il a cultivé toutes les   guitares, sauf celles   qui nous sont venues des Amériques, et malgré cela ou peut-être grâce à cela, c'est un découvreur de territoires. Celui du passé d'abord, l'étincelante guitare "baroque" de Sa Majesté Louis Le Quatorzième et de l'Inquisition Espagnole, riche de ses quelque 15000 pages de musique chiffrée qu'il lui a fallu déchiffrer et défricher. Mais aussi le territoire nouveau qui, dans la marche du siècle, s'ouvre chaque jour sous nos pieds (et sous ses doigts):

Susciter un nouveau répertoire et pour cela proposer aux compositeurs de l'avant-garde des techniques originales propres à les satisfaire. Cela va du travail sur les couleurs et les timbres jusqu'aux techniques répétitives en passant par des modifications organologiques. Cette "autre virtuosité", nouveau vocabulaire dans lequel vont puiser ces compositeurs, Andia la diffuse à des dizaines d'entr'eux dans une plaquette qui constitue un véritable petit dictionnaire du langage moderne de la guitare et qui aurait pu s'intituler :

Comment ne pas perpétuer "l'écriture" pour la guitare

Parfois Rafael ANDIA s'exalte a parler d'une autre guitare, une guitare "vraie". Pour lui, il n'est de véritable émotion que dans la création et de véritable création que dans la sincérité. Et définitivement, sa guitare "sonne vrai"...

María Germain

 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Revue de presse de quelques concerts
 

un guitariste exceptionnel

Le petit théâtre de l'Enfer (ex-théâtre de la Potence), récemment et fort heureusement restructuré et aménagé, accueillait hier soir dans le cadre des manifestations musicales et chorégraphiques organisées sous le titre " Le Ballet de Poche invite ", le guitariste Rafael Andia.Première constatation : l’intérêt du programme qui, de Albeniz à Tristan Murail, couvrait les aspects essentiels du répertoire de la guitare du 20° siècle, car il est rare d'assister à un récital de guitare où la qualité inhérente à chaque œuvre proposée se maintienne aussi haut dens le contexte d'une extrême diversité.De plus, autre constatation évidente, l'exceptionnelle technique virtuose de l'interprète, alliée à une non moins évidente intelligence musicale. Cette technique éblouissante permet à Rafael Andia d’obtenir d'un instrument relativement limité dans ses possibilités sonores des effets inouis (au sens étymologique du mot).Qu’il s’agisse de la courte mais séduisante pièce de Claude Ballif ("Soffeggietto" opus 36, sur le nom de Falla), des redoutables et très brillantes études de Villa-Lobos, et surtout de l'étonnant "Tellur" de Tristan Murail, qui m’a paru l'œuvre la plus achevée et la plus réussie dans l'utilisation et les recherches les plus extrêmes de toutes les ressources de l’instrument. Rafael Andia a réussi un véritable tour de force technique, instrumental et musical. Par ailleurs, les œuvres de Manuel Ponce (Sonata "3"), Albeniz (la célèbre "Asturias"), et André Jolivet (une suite intitulée "Tombeau de Robert de Visée"), ont donné au soliste l'occasion d'une démonstration plus purement musicale sur le plan du phrasé, des recherches de nuances et de timbres, et finalement d'une intelligence stylistique tout à fait remarquable. Voilà un jeune guitariste exceptionnel que le concert du "Ballet de Poche" nous a permis de découvrir. Louis Garde, Le Dauphiné Libéré 5/06/81

 

 

  Ante un selecto auditorium que colmaba la sala de LRA 7 Radio Nacional Córdoba, hizo su presentación el joven guitarrista francés, Rafael Andia.Un programa ecléctico y de gran dificultad técnica asumió en la ocasión. Comenzó con una breve composición de Alonso Mudarra, Fantasía y Gallarda. A continuación, Sonata N° 28 de D. Scarlatti y Obras para Laúd, integrada por Preludio, Preludio en Re y Preludio y Fugato de la III Suite de Juan S. Bach, donde el intérprete rebeló su capacidad y talento creador. Cada página surgió dentro del clima que la anima, poniendo énfasis en resaltar la temática de carácter danzístico, propio del período de la época. Las composiciones de Bach fueron traducidas con cierta religiosidad e intimidad logrando un espíritu de recogimiento. En la segunda parte se escucharon la Fantasía op. 7 de Fernando Sor, Canción y Danza de Antonio Ruiz Pipo y Tonadilla (la maja de Goya) y Danza Española N° 10 (Melancólica) de Enrique Granados. La Fantasía de Sor, de dificultad técnica por los temas variados que la componen, fue fielmente interpretada, ídem la obra de Ruiz Pipo, joven autor contemporáneo, en donde se observa toda la nobleza de una canción telúrica en su primera parte, contrastante a, la segunda, netamente bartokiana y de buenos efectos sonoros.Culminó su recital con dos composiciones del inmortal Granados, poeta musical que posee el don de crear melodias inspirado en el folclore y el nacionalismo clásico de infinito colorido y riqueza en los matices., Rafael Andia tuvo una actuación muy celebrada y aplaudida. Provocó en el público asistente la comunicación expansiva, al igual que aquel que espera se le brinde el mensaje que traducen los « Grandes » intérpretes. El artista supo imprimir en las notas de la guitarra todo el caudal de posibilidades del buen ejecutante. Sólo cabe agregar que hoy ya puede brindarse con mayor esparcimiento dentro del espiritu que anima cada página. Su técnica es depurada y segura, permitiéndole una articulación precisa y sin cabildeos, produciendo un sonido amplio y potente. Me hago eco de nuestro público y de Argentina sin duda, esperando porque sea pronto su retorno a nuestra patria y nos brinde toda la perfección que irá incorporando en el transcurso de su profícua carrera. Córdoba (Argentine) 6/06/71  
     
 

Viaggio nella musica spagnola del '900

Un intreccio attraente portato in concerto - sabato nella sala Segni dell'hotel Setar - da Rafael Andia, virtuoso e didatta della chitarra, di nazionalità francese con nome e vocazione che tradiscono peró origini iberiche. Concertista di larga.esperienza, Andia divide da tempo il suo impegno tra la valorizzazione su basi filologiche del repertorio barocco - a lui si deve l’istituzione della prima cattedra di chitarra barocca in Francia - e la diffusione della musica del nostro secolo.E al Novecento si è ispirato per il recital ospitato al Setar, interpretando partiture originali per chitarra e trascrizioni da lui stesso curate. Tema principale è stata la Spagna vista attraverso la sensibilità di artisti di formazione differente. Cosi se il Fandanguillo op. 36 scritto nel 1926 da Joaquin Turina riflette tecniche impressioniste e una visione del folclore di stampo romantico, Invocation e dance (omage a De Falla) di Joaquin Rodrigo (1961) offre reinterpretazioni originalie personali della tradizione popolare, cosí come Vision clasica del flamenco di Narvaez. Dedicato ad Andia dal compositore Tristan Murail, Tellur si annunciava come pezzo tra i piú interessanti della nuova musica per chitarra, ma inconvenienti tecnici – l’impianto luci difettoso ha imposto la fine anticipata del primo tempo - hanno impedito di poterlo apprezzare nella sua interezza.L’amore stregone, El amor brujo, il balletto gitano musicato nel 1915 da Manuel De Falla su soggetto di Martinez Sierra, è stato esequito nei vari episodi - celebre la danza del fuoco - nella versione per chitarra sola. Cosí, seppure le indubbie capacità tecniche e interpretative di Andia siano riuscite ad esprimere lo spirito generale dell'opera di De Falla, la restrizione della gamma timbrica - 1'originale è per 12 strumenti - ha comunque ridotto smalto e vitalità dell’esecuzione. Padrone dello strumento e della scena anche nei momenti piú imbarazzanti, Andia ha affrontato il concerto con stile, forte di una tecnica matura e consapevole che gli ha permesso di proporre la lettura piú adeguata per ogni musica in programma.Greca Piras, L'Unione Sarda 16/09/92

 

  Narrant une histoire d'amour âpre et violente, débordante d'une vie intense. incantatoire, rythmée par moments, "l’amour sorcier" de Falla transcrit et interprété par Rafael Andia à la guitare est certainement un moment de révélation pour les mélomanes libanais. Ils découvrent Ià les beautés du "cante flamenco" par le biais des accords d'une guitare déchainée et aux sonorités aussi sourdes et riches qu'un orchestre! Si la partition a perdu toutefois de son ampleur. de sa force magique, elle a aussi gagné en pure authenticité ibérique car la guitare demeure sans doute l’expression musicale par excellence du pays des mantilles... Et Rafael Andia a su restituer tous les sortilèges de cette œuvre ardue et périlleuse dont il a ailleurs triomphé en maître absoIu. L'Orient-Le Jour 17/02/97

 

Gitarrenabend Rafael AndiaKirche St. Peter, 28. November
zin.

Der hervorragende, an der Pariser Ecole normale de musique lehrende Gitarrist kann, wie sich in den letzten Konzerten erwies, in Zürich bereits mit vollen Sälen rechnen. Das hat er vollauf verdient mit einem ungemein beherrschten, rhythmisch und dynamisch überlegen differenzierten Spiel, bei dem von technischen Schwierigkeiten nie etwas zu spüren ist. Auch ist sein Repertoire sehr weit. Im letztjährigen Konzert spielte er auch auf der Vihuela; für die ältere Literatur (Robert de Visee und Gaspar Sanz) verwendete er diesmal die klanglich ebenfalls erheblich andersartige, vor allem heller klingende .Barockgitarre, die sich wie die Vihuela äusserlichCdurch weniger eingezogene Taille auszeichnet. Aufder modernen Gitarre interpretierte Andia Werkeaus der Frühromantik, zwei sehr geschickt vor:genommene Bearbeitungen von Scarlatti-Sonatenund neuere spanische Musik, unter der besondersder Tiento des zeitgenössischen KomponistenMaurice Ohana und Hommage pour le tombeaude Claude Debussy» im Habanera-Rhythmus mitZitaten aus dessen «Soiree dans Grenade> von.Manuel de Falla auffielen.

 

       
 

Flamenco und Neue Musik

Viel Interesse bei einem, vorwiegend jugendlichen Publikum fand der Gitarrenabend von Rafael Andia im Stephanssaal, der vom Centre Culturel Français veranstaltet wurde. Der spanische Gitarrist, der in Frankreich geboren wurde, heute in Paris lebt und eine Gitarrenklasse für Barockmusik unterrichtet, kommt aus der spanischen Flamenco-Tradition.Der Einfluß seiner spanischen Lehrer Alberto Ponce und Emilio Puiol wurde deutlich in seiner Interpretation der Sonatina op. 65 von Joaquin Turina. In die klar artikulierten, modernen Klänge mit ihrer Härte, die sich mit meditativen Elementen und kapriziösen Spuren von Nachdenklichkeit mischt, ließ der Gitarrist behutsam Flamenco-Rhythmen einfließen, die schließlich mit mitreißendem Schwung das gesamte Stück bestimmten.Seine Qualitäten als Interpret klassischer Gitarrenmusik bewies Rafael Andia zu Beginn der Konzerte in Fernando Sors "Elegischer Fantasie" op. 59. Mit sanften Akkorden, klarer Melodieführung und hoher Klangsensibilität, die vor allem in getragenen Passagen zur Wirkung kam, schufer eine romantische Dichte, die den Hörer unwillkürlich Anklänge an Schuberts "Der Tod und das Mädchen" hören ließ.In fünf Präludien von Villa-Lobos und Auszügen aus Manuel de Fallas Ballett "El Amor Brujo" zeigte der Gitarrist sein technisches Können. Da waren gebrochene Arpeggien, zarte Crescendi, aus denen romantisches Kolorit oder dramatische Ausbrüche erwuchsen, aber auch kräftige Ausdrucksstudien mit bewußt gegen den Strich gespielten Rhythmen.Als routinierter Spezialist für Neue Musik schließlich erwies sich Rafael Andia in dem 1977 für ihn geschriebenen Stück "Tellur" von Tristan Murail. In schrillen bis fast lautlos quietschenden Geräuschen, stets mit Flamenco-Akkorden durchsetzt, werden in diesem Stück die klanglichen Möglichkeiten der Gitarre erprobt, was für die Hörer wie für den Gitarristen ein anstrengendes und auf die Dauer ermüdendes Unternehmen war. RBU, Badische Neueste Nachrichten 1/3/85

 

 

Les grillons de feu de la guitare

Avec ses vieilles pierres nues et sa décoration de palmes vertes, I'église Saint-Léon d'Anglet offrait le cadre qui convenait au récital donné samedl soir par le guitariste Rafael Andia, sous les auspices de I'Adampa, , de I'A.D.A.C. et des ateliers artistiques d'EI Hogar.L’artiste, qui professe à l’Ecole normale de musique de Paris et qui a été lauréat du 15° concours de l’O.R.T.F., a étonné par sa maîtrise et son sens musical un auditoire qu'il n'a pas tardé à conquérir complètement. Pareil, dans son costume de velours sombre, à quelque lys noir élancé, ce jeune Navarrais "sent" et "vit" la guitare comme d'autres "sentent" et "vivent" le piano ou le violon. Avec une intensité convaincante, communicative.Au début, dans deux études de Sor, son jeu est un feu qui couve sous la cendre; dans celles de Villa-Lobos qui ont suivi, les grilIons de la guitare grésillent des sérénades de désir et d'été; puis, quand l’instrument et la salle sont "chauffés", les arpèges d'un "Prélude et Fugue" de Bach peuvent s'égrener, mystérieux, mystiques, et s'envoler vers le ciel avec la pureté, la grâce sans poids d'oiseaux angéliques. En deuxième partie, Andia a fait chatoyer devant nous la flamme intimiste, élégamment maniérée, de maîtres baroques comme Campion, Sanz, R. de Visée, musiques destinées à de belles écouteuses dans des jardins à la mauresque ou à des infantes recluses au fond de palais tristes.Il a terminé son concert en apothéose en interprétant magistralement des pièces que des compositeurs contemporains ont spécialement écrites à son intention et qu'il a créées récemment à Paris. "Solfegietto", de Claude Ballif, et "Tellur", de Tristan Murail, sont des pages extrêmement modernes relevant de "l’a-musique" au sens où Claude Mauriac parle "d'a-littérature". Rafael Andia en a rendu admirablement les prouesses techniques, comme le charme insolite, mystérieusement envoutant.Applaudi, acclamé, rappelé, il a joué en bis, superbement, deux pièces de Tarrega, pour la plus grande joie d'un public enthousiaste. Il faut être un grand artiste, un musicien authentique pour emballer ainsi un auditoire et faire d'un instrument restreint à quelques cordes tout un univers illimité. Sud-Ouest 17/5/78

 
       
  zm. Der Pariser Gitarrist, der seit vielen Jabren regelmassig in Zürich konzertiert, gehört zu den seltenen Musikern, die sich Mühe geben, ein Abendprogramm sinnvoll zu gestalten, diesmal quasi mit einer Exposition, die vom vertrauten Gitarrenklang des Albeniz ("Mallorca") zur stilistisch modernen Musik des André Jolivet führte ("Deux Etudes de Concert" von 1965), und mit einer Quasi-Reprise, die von Jolivet (jetzt "Le Tombeau de Robert Visée" von 1972, der letzten Gitarrenkomposition des Meisters, einem bei höchster Virtuosität überaus düsteren Werk) zu Albeniz ("Granada" und "Asturias") zurückführte, zu den wohl am besten bekannten Werken des Abends. Dazwischen vor der Pause, waren noch Fernando Sor und Joaquin Turina zu hören, die mit einem weiteren "Tombeau" und drei spanischen Stükken eine Verklammerung - im, Sinne einer Durchfiihrung - zu den Randteilen darstellten. Wie die Stücke von Jolivet darf auch die "Fantaisie Elégiaque" op. 59 von Sor, (à la mémoire d'une élève", den Rang eines ziemlich unbekannten Meisterwerks in Anspruch nehmen. Das Werk von Sor überrascht durch seine Nähe zum mittleren Beethoven in der phantasieartigen Mehrteiligkeit, wahrend der abschliessende Trauermarsch stellenweise an Schubert gemahnt; insgesamt eines der gehaltvollsten Werke des Komponisten.,Die genannten Werke von Jolivet überraschen durch die Komplexität des Stils und des Satzes, zumal auch im fast freirhythmischen Duktus, fern von klassizistischen oder primitivistischen Tendenzen; auch wenn es sich beim "Tombeau" alter Tradition folgend um eine Suite handelt, sind Courante und Sarabande nur dem Charakter, nicht aber der Form nach angesprochen. Dieses Meisterwerk, im Auftrag von Andres Segovia entstanden, wurde erst in diesem Frühjahr, durch Andia, zur Urauffuhrung gebracht. Er spielte dieses mit ungewohnten Schwierigkeiten gespickte Werk ebenso überlegen wie die spanischen Stücke, die er poetisch gestaltend romantisch-facettenreich vortragt, dynamisch ungemein vielfältig abgestuft. Auch durch heftigen Beifall liess er sich am Schluss nicht zu mehr als einer Zugabe bewegen, so das bestechende- Grundkonzept des Abends wahrend.Neue Zuercher Zeitung 1981   z.m. An seinem diesjährigen Soloabend beschränkte sich der in Paris lebende Spanier auf Werke seiner spanischen Landsleute, wobei er wiederum die aus der Barockzeit stammenden Kompositionen auf seiner in der Gestalt wie in den Klangeigenschaften schönen Barockgitarre spielte, die neben veranderten Saitenspannungen auch andere Tonmensuren aufweist und somit im Sinne mitteltöniger Stimmung durch reinere Intervallzusammenklänge eine gegenüber der heutigen Gitarre wesentlich sonorere Klanglichkeit erreicht. Das kam den passacaglia-artigen Werken aus dem 17. Jahrhundert von Santiago de Murcia, Francisco Guerau und Antonio de Santa Cruz sehr zugute, die im wesentlichen auf einer Akkordfolge sich: aufbauen, welche mit Acciaccaturen bereichert und mit Pralltrillern und anderen kleinen Figuren verziert wird. Die Variationen ilber die "Jácara" von Santa Cruz stellen einen interessanten unmittelbaren Vorläufer des Fandango dar mit seinen setehenden Akkorden in Parallelverschiebung, seinen Rasgadofiguren und Läufen, wie wir ihn dann von Padre Soler kennen. Die Gestaltung dieser frühen Satze, die schon deutliche Verwandtschaften mit dem Flamencostil aufweisen, hat gegenüber dem letzten Konzert noch an Ueberlegenheit gewonnen und vermochte ausserordentlich zu faszinieren. Aber auch die Interpretationen romantischer Musik, der Etüden des (genau vor 200 Jahren geborenen) Fernando Sor und der Charakterstücke von Isaac Albeniz, vom Klavier auf die moderne Gitarre übertragen, die schon manche impressionistische Züge zeigen, die Joaquin Turina weiterführte (Sonatina), aber auch besonders der neueren Musik (von Antonio Ruiz-Pipo und vor allem von Maurice Ohana) liessen keine Wünsche offen: Andia hat mit 26 Jahren eine erstaunliche künstlerische Vollendung erreicht; er versteht es immer, mit besonders interessanten Funden alter oder zeitgenössischer Musik aufzuwarten ,und so auch dem Kenner Wichtiges zu bieten. Neue Zuercher Zeitung 2/11/78  
       
  Rafael Andia est un inlassable et inclassable artiste. Un rapide coup d'oeil en arrière nous permet de faire un peu le point sur sa démarche multiple : on le voit en 1984, enregistrer un disque de guitare baroque plein de vie et d’émotion , d'oeuvres de François Le Cocq (1) et un peu plus tard, en 1987, un coffret de trois disques de Robert de Visée sur un instrument monté de boyau nu du luthier Charles Besnainou (2).,Parallèlement, nous le voyons servir la musique contemporaine sur la guitare moderne, quand en 1984, il publie une interview de Tristan Murail autour de la pièce "Tellur " dont il est dédicataire, et qu'en 1986, il présente un disque consacré à l’intégrale d'André Jolivet et à une "relecture" des Préludes de Villa-Lobos. Enfin, en 1991, il enregistre un CD d’oeuvres qui lui furent dédiées par des compositeurs de notre temps : Claude Baillif, Philippe Drogoz, Michèle Reverdy, Yoshihisa Taïra et Tristan Murail (5).Musique baroque, musique d'avant-garde, musique moderne ne constituent pas toute sa palette, puisqu'en concert nous l’avons entendu aussi en 1988 dans Mertz et Falla (6) et en 1990 (7) dans Sor et Rodrigo. La Peña de guitare lui avait organisé un récital le 29 janvier dernier, où il avait choisi de présenter Turina et Ohana en première partie, ce qui illustre encore un autre aspect de sa personnalité, l’attachement à l’Espagne dont il est originaire.Pétri de culture flamenca, il sut rendre avec fougue la musique de Turina (Fandanguillo et Sonate), aux accents sauvages mais aussi parfois, par un jeu sur la touche, colorés de sonorités infiniment chaudes, larges et timbrées.Dans Ohana, il opte avec conviction et maitrise pour une version abrupte, selon le voeu du. compositeur, c'est-à-dire avec une guitare qui ne soit pas "léchée": il tire de Maya-Marsya une grande force émotionnelle, extérieur et profond à la fois, raffiné et brutal. Quant au Tiento, nous n'en oublierons pas la vision passionnée et douloureuse... Avec Drogoz, nous changeons d'univers, et le public respire un peu, au début du moins, quand il assiste à la mise en place des aiguilles à tricoter du fameux "Prélude à la mise à mort ": surprise, scepticisme et pourtant peu à peu, magie ... car les sons de cette oeuvre, nouveaux pour beaucoup d'oreilles, ne sont pas désagréables et évoquent même de lointaines résonances d'instruments archaiques... Les auditeurs néophytes suivent, de moins en moins réticents, cette sorte de rituel captivant quoique bizarre et irrationnel. Les feuilles de partitions s'éparpillent sur le sol, les aiguilles peu à peu le jonchent : non, ce n'est pas de la pure provocation, c'est un geste musical poétique.La deuxième partie faisait ressortir une autre facette encore du talent de ce guitariste : la transcription vivifiante -ici, de l’oeuvre éminemment ibérique et guitaristique de Manuel de Falla : L’Amour Sorcier. l faut avoir le goût du travail perfectionniste, de l’exploit technique et l’amour du théâtre qui se fait musique, pour apprécier pareil tour de force : la partition orchestrale est là, dans nos oreilles, avec ses mille timbres et sa puissance, restitués en une miniature qui n'a rien de rétréci mais honore au contraire la tradition de la grande guitare - même si parfois les chemins choisis sont périlleux, dans le seul but de servir l’oeuvre dans toute son ampleur musicale et romanesque. Ne sent-on pas la présence des gitans, du fantôme, l’apparition de la danse rituelle, du feu follet ?.A suivre à Musicora
Les Cahiers de la Guitare 04/93
 

Lorsque l’on entend ce musicien, il vous vient à l'esprit cette phrase superbe de Pablo Neruda: "entre morir y no morir, me decidí por la guitarra"'.... un programme à vous couper le souffle allant du plus doux des piano sub aux Sfz les plus mordants !... un voyage dans ce XXème siècle qui s'éteint peu à peu....... une manière de jouer de la guitare qui vous gagne le cœur...... et par ordre d'apparitions, des "œuvres vives" de feu Maurice Ohana : Planh ou l’univers inquiétant de Goya : Maya-Marsya, hommage aux "toques" de Ramón Montoya,... et puis J. L. Narvaez : Vision Clásica del flamenco, n°2.Malgré son titre, il ne s'agit pas d'une utilisation du flamenco au premier ou au deuxième degré, comme cela a déjà été fait depuis longtemps dans la perspective de ce que l’on a appelé l’"andalousisme universel" de cette première moitié du XXème siècle.Il ne s'agit pas non plus d'un détournement du flamenco qui consiste à l'épurer et à le débarrasser de sa couleur hispanique trop voyante pour tenter de l’intégrer à la musique contemporaine plus ou moins atonale. La pièce reste, au contraire. volontairement tonale et modale. Mais l'écriture utilise toute la science classique (forme, modulations, contrepoint ... ) qui n'existe pas dans la musique populaire. Notamment l’emploi de modes et de tons "interdits" à la guitare contribue au dépaysement sonore et au décalage constant et volontaire avec le "modèle" alors que la technique guitaristique dérive notablement de la technique flamenca. Les quelques rares références et citations directement issues de l’idiome andalou se résument à quelques formules cadentielles de caractère plus ou moins improvisé qui jaillissent presque malgré soi La pièce se compose d'une introduction. d'une danse et d'une "copla" intimement reliées musicalement par une idée génératrice commune.... J. Rodrigo : Invocation et Danse, puis,T. Murail : Tellur (1977) et en deuxième partie...Manuel de Falla : l’Amour Sorcier (excusez du peu !) dans une version de Andia : il faut avoir le goût du risque pour s'aventurer dans pareille partition ! Toutel’âme andalouse y chante à longueur de notes, d'accords, de "rasgueos". On se souvient du remarquable disque que Paco de Lucia consacra à M. de Falla, à la "diferencia" près qu'il n'y avait ce samedi-ci, qu'un seul artiste sur scène et que l’on crut entendre l’orchestre dans une fosse imaginaire... Les Cahiers de la Guitare n°50, 1994


Gitarrenabend Rafael Andia
Kirche St. Peter, 28. November

zin. Der hervorragende, an der Pariser Ecole normale de musique lehrende Gitarrist kann, wie sich in den letzten Konzerten erwies, in Zürich bereits mit vollen Sälen rechnen. Das hat er vollauf verdient mit einem ungemein beherrschten, rhythmisch und dynamisch überlegen differenzierten Spiel, bei dem von technischen Schwierigkeiten nie etwas zu spüren ist. Auch ist sein Repertoire sehr weit. Im letztjährigen Konzert spielte er auch auf der Vihuela; für die ältere Literatur (Robert de Visee und Gaspar Sanz) verwendete er diesmal die klanglich ebenfalls erheblich andersartige, vor allem heller klingende .Barockgitarre, die sich wie die Vihuela äusserlich durch weniger eingezogene Taille auszeichnet. Auf der modernen Gitarre interpretierte Andia Werke aus der Frühromantik, zwei sehr geschickt vor genommene Bearbeitungen von Scarlatti-Sonaten und neuere spanische Musik, unter der besonders der Tiento des zeitgenössischen Komponisten Maurice Ohana und Hommage pour le tombeau de Claude Debussy» im Habanera-Rhythmus mit Zitaten aus dessen «Soiree dans Grenade> von Manuel de Falla auffielen. Tages Anzeiger

 
 


RAFAEL ANDIA & CLAIRE SANANIKONE

 

Bolívar Hall, London

2 September 2011

This concert called ‘Echoes of the Spanish Civil War– a musical tribute to Picasso’s Guernica’, was a multi-media show and guitar recital by Rafael Andia with the young French guitarist Claire Sananikone.
One of the most famous pieces of contemporary guitar music, which is associated with Rafael Andia is Tellur by the French composer Tristan Murail.
Andia premièred the work in Paris in 1977 and so it was a privilege and a pleasure to hear him perform it in concert. Murail composed using the ‘spectral’ technique, which used the properties of the sound of the instrument; this technique is particularly inspiring in terms of the guitar composition, because of the close relationship between the performer and the production of tone quality and timbre on the instrument.
Together Andia and Sananikone played arrangements by Rafael Andia of the old Spanish folksongs, which had been collected by the Spanish poet Federico Garcia Lorca, such as Anda, Jaleo! And Zorongo. These arrangements had rich textures, which were full of fresh musical ideas. Rafael Andia then played his excellent arrangement of the Danza del Fuego from Manuel de Falla’s ballet, El Amor Brujo for solo guitar.
We heard the première of Inmemorial III (Revolucionario) by Rafael Andia for guitar duo with a backdrop of old film footage from the Spanish Civil War. Rafael Andia’s explanatory notes for the piece are: ‘Inmemorial came to my mind as I was recalling this lost generation – the so-called ‘Republican generation’ or ‘1927 generation’ – of those Spanish musicians who suffered in their personal development from the tragic events which followed the military rebellion of July 1936.’ The score for this piece can be downloaded for free from Rafael Andia’s website. Although the concept was exciting, I found myself in a dilemma over whether to watch the film or to listen to the music, as both were worthwhile but demanded a very focused attention.
Claire Sananikone played two solo works: Sonatina by Federico Moreno Torroba and Sonata by Leo Brouwer. She has a very relaxed technique and she was, always careful of the tone quality she was producing, although, sometimes the changes in tone quality within the phrase, disturbed the flow of the musical line. She is still a young player and in between performances, like her peers, she is busy entering many international guitar competitions.
Both Rafael Andia and Claire Sananikone played on guitars made by the Australian guitar maker, Graham Caldersmith. Only Rafael Andia’s guitar had the added bass string, which he designed himself.
Rafael Andia has been teaching baroque and classical guitar at the famous Ecole Normale de Musique in Paris since 1971. 

Thérèse Wassily Saba

Classical Guitar Magazine

 

Infrared Absorption Spectrum of Methane from
2884 to 3141 cm-1

JOURNAL OF MOLECULAR SPECTROSCOPY 36,511-520 (1970))